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Jaume Balagueró, Paco Plaza - "[REC²]" (avant-première)
Sorties salles
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J'aime assez peu les suites en règle générale. Souvent quelque peu forcées par le succès d'un film transformé en opus 1, elles se regardent avec un sentiment, soit de déjà vu, de redondance, soit de panne d'inspiration, soit de tentative désespérée de filer sur le succès du premier avec un scénario bâclé et une équipe remaniée - au pire, le film ne fait même plus semblant et devient le rebut de l'inertie économique de son prédécesseur.
Ben, les suites et surtout celles des films non pensés pour, c'est un peu un cinéma bis à lui tout seul, une sorte de monde du cinéma miroir ne reflétant qu'un peu de la qualité du monde originel. C'est un peu garder l'eau du bain après avoir jeté le bébé. Quelle véhémence me direz-vous !, ben, renforcée après avoir vu récemment The Descent 2 qui reprenait l'original en médiocre pour en briser l'énergie primale, je suis très sur mes gardes quand une suite se présente à mes yeux. [REC²] n'y a bien entendu pas échappé, d'autant que j'aime beaucoup le premier, sa proposition cinématographique et son énergie furieuse. Ce film partait néanmoins avec un léger avantage : on retrouve les mêmes réalisateurs que pour le premier : Paco Plaza et Jaume Balaguero. On pouvait donc s'attendre à quelque chose de moins délaissé et soigné que ce qu'on aurait pu avoir sans eux, j'étais en tous les cas attentif à la façon dont ils allaient avancer depuis [REC], comment ils allaient faire évoluer les dispositifs et l'histoire, prêt à accueillir la bonne surprise. ![]() [REC²] ne s'en sort pas trop mal, disons, au moins dans l'espace négatif duquel je pars. Le scénario se force un peu à créer une intrigue à partir des quelques bribes laissées par le premier (qui gagnait en puissance dans cette "épure") et n'a que peu d'intérêt pour rester soumis aux idées cinématographiques des réalisateurs (des déplacements dans l'immeuble, un changement de caméra) et sembler chercher à les justifier par une histoire qui tient peu la route - car "trop développée". Beaucoup plus de simplicité et moins d'explicatif aurait permis au film de conserver la brutalité du premier opus. Brutalité que l'on retrouve ici réellement déplacée à l'image, à l'écran - et plus tellement contenue par les images, le découpage, les mouvements de caméra, les ouvertures de cadre, les jeux de proche/lointain. Ca crie, ça hurle, ça gicle, ça tire... tout le temps, tout le temps, provoquant le mal de crâne plus que la terreur. Je disais qu'il ne s'en sortait pas trop mal... les points positifs du film, à mon sens, résident dans les tentatives (pas abouties mais intéressantes) des réalisateurs d'actualiser quelque peu ce dispositif d'image protagoniste. Le film débute pile après la fin du premier. Une équipe de police va escorter un médecin chargé de récupérer le virus souche de cette rage. Un policier est équipé d'une caméra et chaque autre en a une miniature incrustée dans le casque et peut s'afficher sur l'écran de la grosse. On voit déjà là une façon de démultiplier les points de vue dans l'action et de susciter d'autres moments de terreur par des contrechamps et des déplacements brusques. Mais ce principe dynamique reste peu exploité et ne reste dans le film qu'une façon de comprimer l'espace et d'éviter au caméraman d'être partout (au lieu que le caméraman se déplace, il branche la caméra de son collègue, mais cela revient au même à quelques mètres près). Autre moment : le film voit d'autres protagonistes arriver, avec également une caméra, protagonistes qui sont parvenus à s'infiltrer dans l'immeuble. Si l'idée de créer un nouveau cadre à l'intérieur du film est intéressante et imaginer sa collision avec le cadre initial (des policiers) promet peut-être d'autres contrechamps terrifiants, le bât blesse à deux endroits et devient symptomatique de ce film qui peine à décoller. En effet, par cela, il brise doublement le grand principe d'isolement de [REC] : brisée la continuité de l'image et de son témoignage, brisée la quarantaine forcenée à laquelle est soumis l'immeuble ; et avoue devoir chercher à l'extérieur un renfort d'idée et de personnages pour que le film avance et évite de n'être qu'une copie du premier. Enfin, et là peut-être est la piste la plus pertinente (les autres, en me lisant vous paraîtront inefficaces, mais j'ai occulté quelques passages réjouissants au profit d'une déception de leur retenue), est réitérée l'idée de la caméra comme le nouvel œil de l'homme quand ce dernier n'assume plus la vision dans le noir complet du grenier. La caméra permet de voir dans le noir et c'est à elle que l'on s'en remet, par incapacité, par faiblesse. La caméra devint nécessaire car elle comble un manque de l'homme - ce ressort est proprement l'élément le plus marquant du film, et en terme de tension, et en terme de cinématographie (le reste finalement, après le 1, n'est qu'enregistrement de l'action). Ce point-là, qui apparaît tard dans le film aurait à mon sens dû en être le centre. Il se place dans la continuité du 1 (la fin, dans le grenier) en montant un cran dans la vision permise et dans le rapport à l'intrigue (l'histoire du virus). Là, la vision nocturne permet de voir un autre espace, un autre monde, parallèle, ténébreux - ce qu'on veut. Aussi capillotracté que cela puisse paraître, l'idée est chouette et contient une réelle avancée dans le film (quitte à inventer des histoires autant y aller à fond). L'exploration de cette dimension aurait pu constituer l'intrigue du film après les expositions nécessaires et enclencher une réflexion à la fois plus profonde (la réduction ou l'ouverture de l'image) et plus terrifiante. ![]() De la même façon que les habituelles suites, [REC²] semble avoir été décidé et réalisé précipitamment, une histoire et un passé au premier esquissés à la va vite pour offrir un semblant de contenu et éclairer le premier, des dispositifs cinématographiques inventés sans réelle prise dans le film, une violence rendue très présente à l'écran comme une facilité ou un réflexe du film de genre qui peine à trouver des idées. Le film, bien que parfois réjouissant (quelques images abstraites, de beaux mouvements, quelques tensions), est engoncé malheureusement dans les syphons de l'économie de la suite et ne parvient pas à l'expression véritable des idées qu'elle porte indubitablement. [REC²], un film de Jaume Balagueró, Paco Plaza Sortie le 23 décembre. Retrouvez d'autres articles sur Jaume Balaguero : Jaume Balagueró - "Fragile" Jaume Balagueró, Paco Plaza - "[REC]"
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De : NiiNiiss Ponns Jaii Adoraii ce Fiilm De La suiite De Rec Fiilm Espagnole Et POur Une Foiis Con en Faii Unn Bonn Mdrr Noon Seriieu Se Fiilm Est Supeur Pour Les Amateur De Film DOREUUR Insérer un commentaire : |
